Mardi, 14 Juillet, 2009
La réplique à blanc du P08 par ME Sportwaffen
Le Lüger P08 a suscité d’innombrables ouvrages, et au moins autant d’articles. Il a aussi été copié avec plus ou moins de succès, pour le domaine de la collection comme pour le tir réel.
Le modèle que j’ai en main aujourd’hui est une réplique qui nous vient de chez ME Sportwaffen, une firme allemande spécialisé depuis près d’un siècle dans la fabrication d’armes à air comprimé et à blanc.
Le Lüger a un look inimitable, reconnaissable au premier coup d’œil. En plus de cela, il possède une qualité extrêmement difficile à concrétiser : le pointage instinctif du canon en direction de la cible, grâce à sa forme ergonomique particulière.
Comptant parmi les premiers pistolets semi-automatiques de l’Histoire largement fabriqués, il met en oeuvre un mécanisme particulier : un mécanisme dit « à genouillère ». Ce système ne sera pas conservé pour la conception des pistolets futurs, à cause de sa complexité de fabrication et de son équilibre délicat. Celui-ci le condamne à n’utiliser qu’un type précis de munition pour bien fonctionner. Rien à voir avec la simplicité et la fiabilité d’un modèle à culasse classique, capable « d’avaler » presque tout type de cartouche du bon calibre.
Premier Contact
La réplique est conditionnée dans une petite mallette de plastique noir garnie de mousse. En l’ouvrant, je découvre un Lüger qui paraît gros, tant il est à l’étroit dans cette mallette ! En effet, il rentre juste, au centimètre près. Il est livré avec un écouvillon de nettoyage, un embout lance-fusée, une notice en allemand et en anglais. Dommage pour ceux qui ne parlent ni l’un ni l’autre …
Le pistolet est fabriqué en alliage moulé de type Zamac. On retrouve bien les formes de l’original, quoique « adoucies » par le procédé de fabrication. Un effort a été fait pour éliminer les plans de joint. Sans doute à cause de la moindre résistance de l’alliage, l’anneau à l’arrière de la carcasse n’est pas reproduit. Mais la réplique comporte la fixation derrière la crosse. Les pièces mécaniques (ressorts) et le manchon dans le canon sont en acier.
Les plaquettes en bois sont correctement ajustées sur la carcasse. Elles comportent un quadrillage peu marqué, sauf sur les surfaces galbées. C’est une petite entorse à l’original, ayant lui des plaquettes intégralement quadrillées. Ce n’est qu’un détail, mais ça modifie un peu le look à mon avis.
Le poids de 900g et les dimensions sont quasi identiques à l’original, il y a un bel effort de ce côté. Petit clin d’œil : le marquage « Gesichert » (sûreté) près du levier côté gauche.
Le chargeur est un ton en deçà du reste: il me paraît un peu frêle et léger, et le talon de plastique noir aurait gagné à être en métal ou en bois.
La réplique est marquée sur les deux côtés de la carcasse. A gauche, le nom du modèle : ME P08. A droite, le n° de série, le calibre, divers poinçons et la mention « Made in Germany ». C’est la moindre des choses pour un Lüger! Un poinçon figure sur la culasse.
Fiche technique
Modèle : ME P08
Fabricant : Cuno Melcher, ME Sportwaffen
Calibre : 9mm PAK
Poids : 900g
Long. totale : 220mm
Long. canon : 105mm
Epaisseur : 36mm
Capacité : 4 coups
Matériaux : canon, culasse, carcasse en alliage moulé type Zamac, plaquettes en bois
Importateur : Tec Magex
Classification : 7° cat. sans déclaration
Tarif : 180,00€ environ (Janv. 2008)
Fonctionnement
Le P08, avec son ergonomie et son mécanisme particuliers, n’en reste pas moins un pistolet semi automatique. Prudence donc, pour ne pas risquer de le tripoter avec une cartouche chambrée sans le savoir.
La culasse s’actionne fermement avec les deux gros boutons moletés, d’avant en arrière. La laisser revenir toute seule ; le mouvement doit être vif, sous peine d’incident. La saisie est particulière, à chacun sa préférence, soit entre le pouce et l’index, soit avec l’index et le majeur en V.
La sûreté est à deux positions : si le marquage « Gesichert » est recouvert, l’arme est en position de feu. Quand le marquage est apparent, c’est le mode sûreté, la détente est désactivée. Attention, la culasse ne peut pas être actionnée dans ce cas.
Points forts
- Tout ce qui fait l’attrait de l’original: poids historique, look inimitable, mécanisme spécifique
- Réglage judicieux du mécanisme qui autorise un bon fonctionnement en 9mm PAK
Points faibles
- Qualité de l’alliage et de la finition plutôt moyenne
- Chargeur à revoir!
- Prix plutôt élevé
Le P08 dispose d’un arrêtoir de culasse interne. A la fin du chargeur, culasse bloquée en arrière, on peut la libérer soit en passant en mode sûreté, soit en sortant le chargeur et en tirant la culasse à fond en arrière. Dans les deux cas, le pistolet reste armé.
Le chien est interne lui aussi. Le seul moyen de désarmer le pistolet, c’est le tir à vide. Certes peu recommandable pour la mécanique, mais préférable pour éviter de stocker la réplique armée (fatigue du ressort de percuteur).
Concernant l’ergonomie, le P08 se loge assez bien dans mes grandes mains ; ceux ou celles aux mains plus menues seront peut-être moins à l’aise. Mais dans tous les cas, il faudra déchausser l’arme pour accéder aux commandes (poussoir de chargeur, sûreté). Ou se servir de la main faible, selon les goûts de chacun.
Essais
C’est avec un plaisir évident que je manipule le fameux mécanisme à genouillère. Il s’agit véritablement un fonctionnement « à part », tant visuel que mécanique. Je ne peux pas m’empêcher de saluer la prouesse technique de l’époque. Même si ce n’est pas un Lüger authentique, j’ai malgré tout l’impression de tenir un morceau d’histoire en main – je devrais dire un monument.
En suivant les indications du fabricant, je garnis le chargeur avec 4 cartouches au maximum. Celui-ci peut en contenir 5, mais il se produit alors systématiquement un incident de tir (un défaut d’éjection ou un mauvais chambrage). De plus, avec 5 cartouches, le ressort de chargeur comprimé parvient à écarter les flancs dudit chargeur, suffisamment pour le coincer au moment de l’engager dans son puits. Cela arrive aussi après de nombreuses manipulations à 4 cartouches.
Le garnissage du chargeur est assez facile, on peut s’aider du bouton chromé sur le côté pour aider à comprimer le ressort.
J’utilise les munitions fournies par Tec Magex, du 9mm PAK (K pour « Knall », à blanc) de chez Lapua. A condition de le charger à 4 cartouches, le P08 fonctionne correctement. C’est un bon travail de mise au point de la part d’ME Sportwaffen, sachant que le mécanisme à genouillère est très difficile dans le choix des munitions.
Les douilles sont éjectées vers le haut et vers l’avant, dans l’axe du pistolet. Elles retombent à 4 mètres environ. Il n’y a évidemment pas de recul, mais le mouvement de la culasse est perceptible dans le poignet. La munition fait du bruit (elle est faite pour ça), ainsi qu’une jolie flamme. Le percuteur marque les amorces assez nettement et de manière régulière.

Le P08 s’accommode d’une cadence de tir modérée, cela permet de limiter les risques d’incident de tir. Mais il accepte de temps à autre quelques « double-taps », deux coups tirés rapidement l’un après l’autre. Il n’y a pas grand intérêt à le faire avec une réplique à blanc, mais on a bien le droit de s’amuser !
Par curiosité, j’ai tenté le chargement à 4 + 1, soit une cartouche chambrée plus 4 dans le chargeur. Le résultat est mitigé, il y a souvent des incidents. Le mieux est de s’en tenir à 4 coups dans le chargeur, avec la chambre vide au départ.

Démontage sommaire
Prendre les précautions d’usage : extraire le chargeur, mettre le levier de sûreté en position de feu, actionner la culasse pour vérifier qu’il n’y a pas de cartouche chambrée, puis faire un tir à vide. Ce tir à vide est important pour la suite du démontage.

Faire pivoter la clé de démontage dans le sens horaire jusque sous le canon, puis l’extraire. Tirer le bloc canon-culasse vers l’avant puis vers le haut. Attention à ne pas perdre le petit téton et son ressort de rappel de la queue de détente.
Ne tripotez la platine dans la carcasse, le séparateur peut se décentrer et coincer lors du remontage. Dans ce cas, il faut faire jouer la queue de détente tout en décalant le séparateur latéralement vers le milieu de la carcasse.

Le remontage s’effectue en sens inverse, attention à bien engager l’avant et l’arrière du bloc canon-culasse dans ses glissières.

Une fois le bloc remis en place, le petit téton de tout à l’heure va bloquer la clé de démontage quand on voudra la replacer. Pas de panique, il suffira de le repousser dans son logement avec une petite lame de tournevis.
Conclusion
La qualité de l’alliage et de la finition du P08 en version noire mate aurait du mal à soutenir la comparaison avec un modèle de chez Umarex, l’une des marques référentes en matière de réplique à blanc. Peut-être que la finition « placage nickel mat » ou « antique » sur les autres versions seraient plus avantageuses. Je tiens à préciser que la réplique est tout de même d’une facture acceptable, mais acceptable seulement, vu le tarif auquel elle est proposée.
Certains détails pourraient être revus par ME Sportwaffen, notamment le quadrillage intégral des plaquettes. L’arrondi lisse de ces plaquettes « casse » un peu le look du Lüger original, sans toutefois vouloir renier l’ajustage très correct du bois sur la crosse. Le fabricant aurait surtout avantage à revoir sa copie à propos du chargeur, gros point noir de ce modèle à mon avis.
Finalement, la meilleure des raisons d’acquérir un P08 à blanc est de s’approprier une petite partie de tout ce que représente son glorieux aîné, et sur ce point je n’ai pas été déçu.
La prise en main, le look, le fonctionnement, tout concourt à s’attacher à ce P08. Le pari d’ME Sportwaffen de reproduire un pistolet si particulier est réussi à ce niveau, et n’est-ce pas le principal? Reste à peaufiner quelques détails, la balle (à blanc) est dans leur camp …

ambien
11/10/2009 at 12:09
Hello!
dominique
31/10/2009 at 18:17
bonjour
je suis du même avis que toi en ce qui concerne la finition,
c’est un peu comme le CZ75 de Kimar.
mais tu peux améliorer la patine en “réhaussant le noir” en le rendant +profond moins terne.
d’abord tu le dégraisses avec de l’alcool à 70°,
ensuite avec un chiffon tu passes du WD-40 que tu essuies puis tu y passes de la graisse siliconePROPRE +sieurs fois comme si tu voulais “patiner” en laissant agir entre chaque couche.
tu vas voir le noir de l’arme se mettre à briller mais naturellement
je viens de faire sur cette même arme et c’est super.
tu peux aussi mettre du silicone sur les plaquettes, effet garantie.
à la fin tu essuies légèrement le tout pour pas que ce soit trop gras
mais la graisse silicone à cette avantage de pénétrer de ne pas restée en surface et de trop graisser
dominique
jessasg
25/08/2010 at 16:44
знакомства кому за 50 шахты 1vstvipsone
LeupoldEst
28/08/2010 at 08:31
pretty cool stuff here thank you!!!!!!!
CyncPsync
01/09/2010 at 14:54
mig mag